Le G8 et les enjeux de l'avenir: La pollution, la pauvreté et les
armes:
armes:
Sous un impressionnant dispositif sécuritaire, la ville allemande d'Heiligendamm s'apprête à accueillir le sommet des huit grands pays industrialisés. Les tensions et divergences sont aussi au rendez-vous, elles sont multiples et variées, d'une envergure planétaire:
Un bras de fer qui rappelle un parfum de guerre froide:
Les déclarations de Vladimir Poutine aux journaux occidentaux à deux jours du sommet du G8 ont fait l'effet d'une bombe. Remettre à
plat le projet du bouclier antimissiles américain est pour le président russe une exigence incontournable. Pour rappel, ce bouclier s'étale sur deux pays: en république Tchèque, Bush compte installer un radar capable de détecter la moindre trajectoire de missile sur une surface couvrant toute l'Europe de l'est. Et en Pologne, il envisage la construction d'une base militaire équipée pour accueillir des antimissiles. Ces engins auront pour
objectif, selon la maison blanche, d'intercepter une éventuelle attaque venue de l'Iran sur les membres de l'OTAN. De l'autre côté, pour Poutine, ces mesures sont intimidantes pour l'Europe, et son pays:
en appliquant le Traité sur les armements conventionnels en Europe (CFE), la Russie a procédé à un désarmement unilatéral. En retour, nous avons observé une accumulation de matériel militaire en Roumanie et en Bulgarie.... Il y a de quoi être préoccupé,
répondait-il à une question posée par un journaliste du Figaro. En outre, ce système fonctionnera, selon Moscou, en liaison automatique avec le dispositif nucléaire des États-Unis. Ce qui signifie que pour la première fois dans l'histoire, il y aura en Europe des éléments d'un système nucléaire américain. Cela ne peut que changer fondamentalement l'équilibre du système international, suggère-il dans la même interview. Pour ce qui est de l'Iran, Poutine laisse entendre que le déploiement de ce
système n'a aucune raison d'être car les Iraniens ne disposent pas encore de missiles de 5 000 à 8000 kilomètres de portée. Et il a fait violemment savoir qu'il n'exclut pas l'hypothèse de braquer ses missiles en direction des pays de l'ouest de l'europe. La menace formulée par Poutine a suscité des réactions immédiates :
elle est inutile et inopportune
, réagit un porte-parole de l'Otan. À Londres, les relations avec Moscou se sont détériorées depuis l'assassinat en Grande-Bretagne de l'ex-espion russe Alexandre Litvinenko avec du polonium 210, Tony Blair a appelé à un dialogue constructif, tout en notant que l'Europe nourrit des inquiétudes face à l'attitude russe. Autre point de désaccord entre la Russie et les autre pays membres du G8 (Allemagne, Canada, États-Unis, France, Grande-Bretagne, Italie, Japon) : l'indépendance du Kosovo. Au moment où la majorité des états sont favorables, la Russie, quant à elle, reste figée sur sa position de refus, avec comme prétexte le respect de l'unité territoriale de la Serbie. Sur l'état, de plus en plus dégradé, des droits de l'homme dans le pays de Garry Kasparov et d'Alexandre Litvinenko,et les nombreuses manifestations sauvagement réprimées, Poutine s'estime, en s'appuyant sur le rapport d'Amnesty international, en position confortable par rapport aux États Unis qui restent sur le plan global les plus critiqués.
Reste à signaler que s'il est fortement probable que l'ensemble de ces questions, ainsi que la pauvreté en Afrique seront officiellement à l'ordre du jour cette année, la focalisation croissante sur le conflit entre les deux grandes puissances risque de prendre le dessus. Pour Angela Merkel, la vocation première de cette rencontre sera, sans doute, un programme axé sur le climat.
La fine bouche des pollueurs:
Autre sujet qui fâche : l'environnement. En raison de l'absence des leaders de la pollution mondiale, à savoir la Chine et l'Inde, les États Unis occuperont la position du grand accusé. Limiter à deux degrés la hausse de température d'ici à 2050, suppose une diminution de 50 % des émissions des gaz à effet de serre notamment le CO2 . Cette mesure déjà adoptée par l'union européenne représente un enjeu majeur. Pour se faire entendre, et surtout, obtenir des engagements de la part des États unis, du Japon et du Canada, la chancelière allemande va éventuellement opter
pour des rencontres bilatérales en marge de celles dites officielles. Fidèles au poste, jouant le rôle d'arbitre pour ainsi dire, les ONG soutenues par les manifestants antimondialisation auront pour mission de rappeler sans cesse aux participants du G8 les thèmes choisis pour ce sommet.
C'est d'ailleurs en partie pour tenir compte des préoccupations de diverses ONG que la chancelière allemande a souhaité que cette rencontre d'Heiligendamm s'intéresse aux moyens de lutter contre le
réchauffement de la planète ou de maîtriser les fonds spéculatifs.
Afin de réussir sa présidence au sommet et marquer une avance historique vers la préservation de l'environnement, Mme Merkel doit gagner le pari de l'autre moitié de l'équation : le co-développement
Nord-Sud. Dans cette perspective, elle aura sans doute plus de succès en gagnant le pari de la lutte contre la pauvreté. Pour y arriver elle devrait, tout de même, obtenir un engagement verbal de ses partenaires à faire des efforts pour l'Afrique. Pour ce continent, l'Allemagne va montrer l'exemple en dégageant une aide supplémentaire de 750 millions d'euros dès 2008.
pour des rencontres bilatérales en marge de celles dites officielles. Fidèles au poste, jouant le rôle d'arbitre pour ainsi dire, les ONG soutenues par les manifestants antimondialisation auront pour mission de rappeler sans cesse aux participants du G8 les thèmes choisis pour ce sommet.
C'est d'ailleurs en partie pour tenir compte des préoccupations de diverses ONG que la chancelière allemande a souhaité que cette rencontre d'Heiligendamm s'intéresse aux moyens de lutter contre le
réchauffement de la planète ou de maîtriser les fonds spéculatifs.
Afin de réussir sa présidence au sommet et marquer une avance historique vers la préservation de l'environnement, Mme Merkel doit gagner le pari de l'autre moitié de l'équation : le co-développement
Nord-Sud. Dans cette perspective, elle aura sans doute plus de succès en gagnant le pari de la lutte contre la pauvreté. Pour y arriver elle devrait, tout de même, obtenir un engagement verbal de ses partenaires à faire des efforts pour l'Afrique. Pour ce continent, l'Allemagne va montrer l'exemple en dégageant une aide supplémentaire de 750 millions d'euros dès 2008.
Quelques chiffres sur l'ampleur de l'évenement:
Dispositif sécuritaire: 16 000 policiers, venus de toutes les régions d'Allemagne 1 100 soldats de la Bundeswehr, chargés de sécuriser le front maritime et l'espace aérien et d'assurer des missions de ravitaillement ou de transport ; 2 000 pompiers et secouristes. Mesures de surveillance. L'espace aérien est fermé à la circulation dans un rayon de 50 km autour de Heiligendamm. Sur le front maritime, la circulation est interdite jusqu'au 9 juin dans une zone longue de 21 km et qui s'avance sur 11 km dans la mer Baltique. Des navires de guerre américains et allemands doivent également sécuriser la côte. Pour protéger le site, un mur grillagé, long de 12 km et haut de 2,50 m, a été
construit pour 12,5 millions d'euros.
construit pour 12,5 millions d'euros.
Coût des courses: Le coût du sommet est évalué à 92 millions d'euros. Ce financement se partage entre l'Etat fédéral et la région de Mecklembourg-Poméranie.Les délégations des chefs d'Etat et de gouvernement comptent 24 personnes, à l'exception de la délégation américaine, qui pourrait aller jusqu'à 100 personnes. Avec les conseillers, on atteindrait un total de 2 000 participants.4 700 journalistes, issus de 73 pays et représentant 900 médias, sont accrédités pour le G8. L'hôtel Kempinski de Heiligendamm, où sont logés les chefs d'Etat et de gouvernement, comporte 225 chambres, dont 107 suites.
ONG et manifestants: Jusqu'à 100 000 opposants doivent se rendre dans la région de Heiligendamm et près de 70 manifestations sont prévues jusqu'au 8 juin. Près de 10 000 personnes étaient présentes au G8 de Saint-Pétersbourg, en 2006, et 200 000 personnes au G8 de Gleneagles, en Ecosse, en 2005.
Poids économique: En 2005, les pays du G8 représentaient 63 % du PIB mondial. L'Allemagne
occupe la troisième place en contribuant à 6 % de ce PIB, après les Etats-Unis (28 %) et le Japon (10 %). La part du G8 dans le commerce mondial des marchandises est de 50 %. Les trois quarts de l'aide au développement proviennent des pays du G8. En 2005, ces pays ont débloqué une aide de 80 milliards de dollars.
HAFHOUF Nabil pour l'index.
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